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George Gordon, sixième baron Byron (1788 - 1824)
Byron est resté, après Shakespeare, le plus connu, le plus illustre des poètes anglais ; il partage d'ailleurs avec son aîné de n'être pas l'homme d'un livre précis, mais l'auteur d'une œuvre variée, qui a su rester fascinante, malgré les milliers de pages écrites à son propos.
Ses voyages, occasions de rencontres et de découvertes, sont autant de repères qui découpent son existence en périodes :
1788-1809 Enfance et adolescence en Angleterre
1809-1811 Grand tour (Portugal, Espagne, Albanie, Grèce)
1811-1816 Retour au pays
1816 Suisse (Genève)
1817-1823 Italie (Venise, Ravenne, Pise)
1824 Grèce
Sauf de nombreuses lettres et trois discours à la Chambre des Lords, Byron n'a écrit que de la poésie :
- De courts poèmes, souvent de caractère intime, et très méditatifs ;
- Des poèmes plus longs, évocations de personnages tantôt réels, tantôt fictifs, lui servant à chanter, encore et toujours, la liberté.
- Des pièces en vers, qu'il ne destinait pas à la scène.
Presque toutes ses publications étaient épuisées en quelques mois, avec un record de 14000 exemplaires du Corsaire vendus en 24 heures !
Son œuvre la plus appréciée resta longtemps ce Pèlerinage du chevalier Harold qui l'avait rendu célèbre du jour au lendemain, et qu'il compléta lors de son exil volontaire ; puis Don Juan, tout d'ironie et de désenchantement, eut la faveur de la critique et des lettrés. Mais selon nous, ce sont les œuvres proprement romantiques, portées par une poésie des lieux et une ferveur communicative, qui méritent le plus grand intérêt : Le Giaour, Lara, Le Prisonnier de Chillon, Manfred et d'autres encore recèlent des beautés inépuisables.
Sans jamais s'être interrompues, les études sur Byron ont connu un formidable renouveau à partir des années 1950 : éditions très sérieuses de ses principales œuvres, de sa correspondance, biographies très fouillées, etc. ... Ces travaux se poursuivent encore, s'attachant à explorer des aspects précis de la pensée et de l'existence du poète ; chaque année paraît une revue, le Byron Journal, et se déroule un séminaire international.
Chacun de ses poèmes est né d'une nécessité dont la moindre n'était pas, comme pour tout vrai poète, de conjurer un peu de sa souffrance intime d'être humain. Grand voyageur, grand amoureux, il a cherché toute sa vie le lieu de paix auquel nous aspirons tous, mais il ne l'a trouvé que dans la mort. Celle-ci sonna dans toute l'Europe comme un irréparable malheur, et devint immédiatement un symbole : Byron était mort aux côtés des insurgés grecs !
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