" La poésie est, de toutes les choses humaines, la plus voisine des choses divines. " Victor Hugo   
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DOSSIERS LORD BYRON
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Le petit mot de l'éditeur



Mai 2011

Byron, opus 3

Nous retournons à Byron pour notre cinquième publication, proposant une belle édition d'une œuvre mal connue et parfois mal-aimée. Les Mélodies hébreuses, parues en 1815, ont en effet cette étrange caractéristique d'être louées dans leur détail, mais non dans leur ensemble. L'on s'accorde à reconnaître qu'elles contiennent quelques-uns des plus beaux poèmes de Byron (et peut-être même quelques-uns des plus beaux poèmes tout court), mais on dénie au volume son bien-fondé et son unité. L'édition que nous publions - la première à réunir l'ensemble des poèmes et à présenter une approche critique dans notre langue - essaie de corriger ces incohérences, et de montrer combien ces Mélodies furent importantes dans le développement poétique de Byron.
Plusieurs des poèmes contenus dans ce volume, très difficiles d'accès jusqu'ici (et terriblement mal traduits), sont maintenant proposés au lecteur. Un poème contemporain des Mélodies hébreuses, intitulé Madeleine, n'avait jamais été traduit.
En ce joli mois de mai est également publié le sixième numéro des Dossiers lord Byron, consacré à Byron et Napoléon. À travers l'étude des poèmes et des lettres que Byron écrivit sur l'empereur, ce Dossier montre combien fut douloureuse pour le poète la chute de celui qu'il appelait « sa petite idole », et auquel il s'identifia très fortement. Outre une étude très fouillée sur l'influence des poèmes napoléoniens de Byron sur les poètes français, le lecteur pourra découvrir un poème étonnant du poète-prolétaire Ebenezer Elliott, et redécouvrir une belle élégie de Gaspard de Pons, écrivain aujourd'hui oublié.
Nous remercions les nombreux lecteurs qui nous ont, par courrier ou par courriel, adressé leurs remarques et leurs félicitations à propos de ces Dossiers, nous remerciant de notre approche « stimulante et vivifiante ». Nous espérons qu'ils ne seront pas déçus par ce nouveau numéro.
Deux autres sont déjà en chantier, le prochain promettant une belle surprise !


Janvier 2010

B comme… Borel !

Voici de quoi entrer dans les livres de curiosités : l'éditeur qui ne publie que des noms en B ! - Mais pas n'importe quels B : Pétrus Borel, qui se faisait appeler Le Lycanthrope, l'une des grandes légendes du Romantisme, oublié ou plutôt négligé au profit de moins doués que lui, mais qui résiste mieux qu'eux aux ravages du temps.
Personne n'avait réédité ses magnifiques Rhapsodies depuis 1922, et encore cette édition des Forces françaises, due à Aristide Marie, était-elle loin d'être irréprochable : presque rien ne subsistait de l'orthographe originale, la présentation avait été modifiée, et il manquait des vers ! (dans “Agarite”). Du moins bénéficiait-elle des belles gravures d'André Hofer, inspirées de Célestin Nanteuil.
Notre édition renoue elle aussi avec l'illustration, en reprenant les gravures de l'édition de 1832, auxquelles se joignent quelques autres figurant des scènes historiques. Le texte, rigoureusement vérifié, reprend sa forme d'origine, mais en bénéficiant de notes très détaillées expliquant le vocabulaire et les noms propres, et éclairant les circonstances et les correspondances de l'œuvre.
Pétrus Borel parlait une langue trop vive et inventive pour être appréciée à son époque, encore trop imprégnée de vieilleries classiques ; mais de l'eau a coulé sous les ponts, et son heure est maintenant venue : le déchaînement qu'il avait du mal à contenir, son intransigeance en matière de société, nous sont beaucoup plus accessibles. Aucun poète de sa génération (hormis Victor Hugo, évidemment) ne fait preuve d'un si parfait sens de la formule, à la manière des grands orateurs de la Révolution, dont ce Saint-Just qu'il admirait et qu'il cite à plusieurs reprises dans son recueil. Mais Borel, né après les désastres de ce bouleversement, semble aller plus loin que le lieutenant de Robespierre, et balayer d'un geste franc toute utopie. Il n'est pas étonnant que les Surréalistes l'aient salué.

Les Dossiers lord Byron

Au moment où sont mises en vente ces Rhapsodies tant attendues, les Éditions Fougerouse entament la parution de la première revue de langue française entièrement consacrée à Byron. Cette revue, à qui nous avons donné le titre de Dossiers lord Byron, sera mise en ligne gratuitement sur ce site, tous les deux mois environ. De longueur variable, elle traitera de toutes sortes d'aspects de la vie ou de l'œuvre de Byron, en s'efforçant de proposer des documents inédits ou rares.
Du fait de sa langue et de son lieu d'édition, cette revue privilégiera l'axe franco-anglais, éclairant les liens entre Byron et la littérature française, lesquels ne sont pas minces. Les thèmes en seront très variés : textes inédits, portraits de proches, témoignages, comptes-rendus, études critiques… Le Dossier n°1, déjà en ligne, est un portrait de la merveilleuse Teresa Guiccioli, le plus grand amour de Byron, sa muse durant plus de quatre ans.
Nous espérons que ces Dossiers susciteront de l'intérêt et de la curiosité, et qu'ils contribueront à faire de 2010 une grand année byronienne, notre prochaine publication étant justement une nouvelle édition de poèmes de Byron. - Toujours le B !


Mars 2009

B comme Brontë

Une année a passé depuis la parution de notre précédent ouvrage, au cours de laquelle vous avez été toujours plus nombreux à demander nos publications, ce dont nous vous remercions cordialement. Quelques courriers nous ont laissé entendre que notre approche des classiques modernes ne déplaisait pas, et qu'elle pourrait s'avérer stimulante : nous en serions comblés.
Fait rare, et qui restera probablement unique, notre nouvel ouvrage est l'œuvre de trois personnes : trois sœurs, incontestablement les plus célèbres de l'histoire de la littérature ; trois fascinantes jeunes femmes, douées et attachantes. On aura reconnu les sœurs Brontë, dont les écrits furent en quelque sorte le testament du Romantisme anglais. Trois personnes, cela veut dire trois personnalités, trois visions des choses, déclinées en mille facettes. Et ce volume de Poèmes, qui fut le premier livre qu'elles publièrent, est entre tous celui qui offre le plus large aperçu sur leur univers d'espoirs et de regrets, étranges et familiers pourtant. Beaucoup de ces poèmes furent écrits dans le cadre de ces immenses sagas que les Brontë rédigèrent avec passion ; d'autres relèvent d'une inspiration plus intime. Mais ils se fondent si parfaitement qu'on ne saurait distinguer les premiers des seconds.
Sans doute est-ce cette pluralité d'inspiration qui a découragé la critique, depuis le premier jour, et écarté de la pleine lumière ce magnifique recueil. La mémoire culturelle n'a jamais retenu les œuvres à plusieurs mains ; peut-on citer un livre, parmi les « grands classiques » qu'on donne à étudier à la jeunesse, qui soit le fruit d'une collaboration ? Les Ballades lyriques, Les Soirées de Médan, Les Champs magnétiques sont pourtant loin d'être négligeables. Que derrière les faux débats sur la paternité des œuvres se terrent de profondes questions de société qui viennent contredire l'idéal individualiste de notre époque, c'est ce qu'avaient vu les fervents défenseurs de l'écriture à plusieurs que furent André Breton ou Pierre Bourdieu.
Espérons que ces Poèmes des Brontë contribueront, au moins en partie, à effacer cette injustice.


Février 2008

Byron… et Byron !

Sans doute sera-t-on surpris de voir une toute jeune maison d'édition débuter ses publications par deux livres du même auteur, et qui plus est, d'un auteur déjà largement traduit en notre langue. Nous ne nous y serions pas risqués si nous n'étions sûrs d'apporter à la connaissance de cet auteur quelque chose qui n'avait pas été dit ; - sera-ce important, voire décisif ? Ce n'est pas à nous d'en décider.
Byron, peut-être le plus profondément poète de tous les Romantiques (« la plus grand nature poétique des siècles modernes », disait Lamartine) demeure encore largement méconnu. En France particulièrement, trop tôt adulé, trop vite lu pour certains aspects de son œuvre et de sa personnalité, il a été mal étudié ; des pans entiers de sa poétique sont restés occultés, et toute sa pensée en générale. Il est vrai que l'étude de la pensée des poètes est chose relativement récente, empêchée qu'elle était par mille préjugés, à présent définitivement tombés.
Or nous pensons qu'est venue l'heure de lire enfin attentivement ce grand poète. Déjà Anglais et Américains, depuis cinquante ans, se sont attelés à la tâche avec passion, et ont fortement enrichi les études byroniennes : éditions critiques soignées, études fouillées, revues, séminaires, expositions ne se dénombrent plus. Et la France, qui avait été à l'avant-garde du byronisme de 1820 à 1840, se contenterait de rééditer des biographies dépassées et de vieilles traductions imprécises - et toujours des mêmes œuvres ! Quelle déception ! Nous entendons au contraire rattraper les Anglo-américains, et faire pour Byron ce que firent Albert Béguin ou Armel Guerne pour le Romantisme allemand. « Noble quête », nous répliquera-t-on ironiquement. - Nous estimons qu'à moins, l'aventure ne valait pas la peine d'être tentée.
Comme tous les Romantiques, le Byron que nous préférons n'est pas celui de Don Juan, cynique et lassé ; nous trouvons au contraire que ce grand lyrique n'a jamais été aussi sublimement personnel que dans ses poèmes les plus purement romantiques, et entre tous, dans ce Manfred dont l'influence n'a pas fini d'exercer sa puissance. Ce poème, tout comme Le Prisonnier de Chillon ou La Lamentation du Tasse, justifie à jamais ces dénominations de « grand inspiré de la Mélancolie » et de « négateur géant » que lui attribuèrent ses admirateurs français (Musset, puis Hugo).
Loin de négliger les études antérieures, nos éditions de Byron proposent une approche différente, dégagée des clichés persistants qui empêchaient une lecture véritablement attentive. Sans préjugés, elles envisagent des éclairages nouveaux, auxquels l'œuvre elle-même invitait, et qu'on peut rassembler sous l'idée de spiritualité (religions, philosophie, ésotérisme, magie…). Nous espérons revenir bientôt sur cet aspect à peine entrevu de la pensée du grand poète.
Conçus dans une complicité entre éditeur et traducteur, nos publications entendent réconcilier la littérature des « grands noms » avec un plaisir de lecture auquel elle n'est plus guère habituée : illustrations choisies, espacement du texte et mise en page soignée, tout ce qui peut donner au lecteur l'envie de conserver précieusement nos livres.
Enfin, nous avons la volonté d'être à l'écoute de nos lecteurs ; ceux-ci sont cordialement invités à nous communiquer leurs avis, remarques, rectifications… et même leurs compliments ! Notre site propose des pages présentant les livres évidemment, mais aussi les auteurs, l'accueil fait aux œuvres, et le présent bulletin, qui sera renouvelé à chaque nouveauté.
Indice pour notre troisième publication : l'auteur n'en sera pas Byron !
 
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